Pour voir le débat au 19/20 de France 3.

Ville à la frontière de deux cultures, d'héritage et de pratiques bilingues et plus que bilingues, Strasbourg est naturellement une des capitales de l'Europe.

Ce n'est pas pour rien que le Parlement européen et le Conseil de l'Europe, ainsi que la Cour européenne des droits de l'homme, y ont été fixés par les Traités. C'est parce que Strasbourg est un symbole et une parabole de l'histoire et de la diversité de l'Europe.

Aujourd'hui, je défends la vocation parlementaire de la ville. Il est dit parfois que le Parlement devrait siéger uniquement dans une ville. Ce n'est pas absurde. Il devrait siéger à Strasbourg. Bruxelles bénéficie de l'exécutif de l'Union européenne (Commission et Conseil), Luxembourg du juge de l'UE (Cour de justice et Tribunal de première instance). Dans une Europe polycentrique et fédérale, Strasbourg est le siège du législateur européen, le Parlement.

Ce schéma n'a rien d'absurde dans un continent aussi divers que l'Europe. L'Afrique du sud, Etat fédéral, a elle aussi trois capitales : Pretoria l'administrative, siège de l'exécutif, Le Cap pour le Parlement, Bloemfontein pour le judiciaire. Il est important de conserver l'esprit décentralisateur en Europe et de ne pas faire de l'Union européenne un appareil centré et centralisé à Bruxelles. C'est d'ailleurs pour cela que les agences de l'UE sont réparties entre Etats et régions de l'Europe.

La proposition "alternative" de créer une Université européenne à Strasbourg de 20.000 étudiants semble ignorer l'existence de l'Université de Strasbourg, l'une des plus anciennes d'Europe, de tradition bilingue, celle-là même où Goethe a étudié. Aujourd'hui, l'Université de Strasbourg s'apprête à fusionner les trois anciennes divisions administratives pour former un nouvel ensemble de 60.000 étudiants. Le pôle européen universitaire de Strasbourg existe déjà, mais ne doit pas servir d'alibi à une centralisation des pouvoirs européens.